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Châles et fichus







Le châle, par définition, est une pièce d'étoffe, plus ou moins riche, ou de tricot pour couvrir les épaules.

Le châle s'apparente au costume oriental.

Les  premiers châles de Cachemire ont été importés, d'Egypte, par les officiers et soldats de Bonaparte, vers 1798.

 Ils ont eu une grande vogue sous Louis-Philippe.


Mais le rêve de toute femme, sous le Second Empire, est de posséder son châle en cachemire, il est synonyme de réussite.



Pendant cette période, les châles en cachemire furent importés et la guerre de 1870 mit un terme à ce marché.

Le châle long en cachemire est chaud et élégant. L'ampleur de ce vêtement donne, à la tournure, une certaine élégance que l'on n'obtient pas avec les pelisses et manteaux.

Il eut la vogue très longtemps

(Une très belle exposition eu lieu au mois de février 1999 : "Cachemires parisiens. A l'école de l'Asie", au Musée Galliéra à Paris.)

Mais le châle en cachemire n'est pas le seul à régner, comme en témoigne la photo que nous pouvons voir ci-dessous , qui est  un châle en Chantilly noir de la deuxième moitié du XIXème siècle.

châle en dentelle

Il est décrit dans "Indispensables Accessoires du XVIè-XXè siècle".

En avril 1853 : Pour châles légers on portera des barèges brodés en couleur, des crêpes de Chine brodés, des châles de fantaisie en soie mais aussi en grenadine ou en barège imprimé, à fond uni avec une bordure de quarante centimètres de hauteur, brochée en soie et imitant les dessins de cachemire brodés en or. Ces châles ne paraissent point à dédaigner pour les jeunes filles pour mise du matin, ils sont jolis et coûtent peu.

On en dira autant pour les amples châles en mousseline garnis de grandes dents qui se porteront encore beaucoup sur une robe pareille.

 
1853
Les femmes riches portent, le matin et le soir, des châles en cachemire des Indes carrés. On en fait de magnifiques dont le prix est assez abordable.

Les châles de dentelle noire sont redevenus tout-à-fait à la mode en 1855 et sont de la plus haute élégance


1856


Ils partagent la vedette avec les châles en crêpe de Chine brodés.

Outre les châles, sous le Second Empire, nous trouvons aussi les écharpes, les fichus avec ou sans volants, les écharpes-pelisses et les petits fichus Louis XIII qui règnent en 1854 et 1855.

Ces petits fichus sont faits, soit en mousseline unie ou brodée, soit en tulle noir ou blanc. Ils peuvent être montants ou décolletés. Il sont de plus en plus coquets.

 Ils sont composés de bouillonnés et d'entre-deux de dentelle, ornés de noeuds ou de bouclettes de ruban. Ils ont une pointe derrière et sur chaque épaule. Devant, ils se croisent et il y a deux longs pans dont chacun s'attache sous le bras.

Un autre petit fichu, à cette même période, est le fichu paysanne que l'on peut mettre sur une robe décolletée. Il se fait en tulle blanc uni entouré d'une haute blonde surmontée d'une petite ruche simple en ruban blanc. Au milieu du fichu, un second rang de blonde et, sur le pied, une autre ruche. Au-dessus de chaque épaule et devant se trouve un noeud à pans.

On commence à voir aussi les burnous à capuchon, comme en témoigne cette photo, ci-dessous


1858


En 1859-60, le cachemire long des Indes est encore très aimé . Si l'on ne peut se donner ce luxe on le remplace par un cachemire des Indes à rayures dont les prix sont très modérés. Ils offrent toujours  un cachet d'élégance que les autres châles n'ont pas.
A cette même période, on commence à adopter les écharpes et châles en étoffes pareilles à la robe. Ils se font en tissus légers , en taffetas de nuance claire, avec volants de dentelle, mais aussi en mousseline blanche, brodée ou autrement.


fichu en tarlatane en 1860 châle double en mousseline 1859-60 pointe de dentelle lama 1860


La mode des châles et fichus ne varient guère



 En 1865, viennent s'ajouter les burnous qui se font très souvent en dentelle noire mais aussi en velours comme on peut le voir sur la photo, ci-dessous


1865
Ce burnous est une sortie de bal en drap velours orné de passementeries : cordelières et glands en soie et fils d'or.


Vous pouvez voir, dans l'encadré,  un joli modèle de fichu en tulle et dentelles.



 Ce joli fichu "Edith"
 convient aux jeunes filles  comme aux jeunes  femmes, pour toilettes de  soirées et de spectacle. Il  est fait en tulle  de  Bruxelles blanc garni en  dentelles de soie blanche et  bordé avec une draperie en  poult-de-soie rose qui se  termine derrière en deux  pans.
            (année 1865)


Ci-dessous, un petit fichu en tulle
de l'année 1865


Ce fichu est fait en tulle de soie blanc, à dessin, en dentelles noires et blanches de diverses largeurs.

Des noeuds et des boucles de rubans ornées de perles blanches complètent la garniture.





En 1868-69, on trouve toujours" les fichus à la paysanne" mais leur forme a changée : ils n'ont presque pas de pans devant.

Le fichu Charlotte Corday lui partage la faveur pour accompagner les robes tout-à-fait décolletées. Il est très court, il borde le haut du corsage comme une berthe ou une draperie, et vient se poser négligmment sur le devant ; on l'attache soit par un bouquet, soit par une épingle ; il est élégant et sied parfaitement ; il se fait souvent tout en blonde ou en dentelle.


Petite information

"Rêve de Cachemire, cachemires de rêve "

Le châle cachemire imprimé, un joyau textile alsacien

En collaboration avec Christian Lacroix et Beauvillé

Exposition du 13 novembre 2009 au 16 octobre 2010


au Musée de l'Impression sur Etoffes à Mulhouse


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