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fêtes profanes du mariage

La cérémonie religieuse ne comportait rien de spécifiquement angevin. Notons cependant deux superstitions qui survivait encore : il ne fallait pas  que deux mariages aient lieu le même jour, cela portait malheur. Pour deux soeurs, le danger était le même si parfois elles s'avisaient de ne faire qu'une cérémonie.

Si par hasard deux cortèges de communes différentes étaient appelés à se rencontrer, il fallait à tout prix éviter cette cause de malheur. Et surtout, les deux mariées ne devaient pas s'apercevoir.

Toute une troupe désoeuvrée : vieilles à l'éternel tricot, femmes attardées à leurs commissions, jeunes filles coquettes et gamins curieux, attend la sortie du cortège.

La grande porte s'ouvre et la mariée s'avance comme une apparition, toute blanche sur un fond de nuit où scintillent encore les cierges. On ne voit qu'elle.

Deux ou trois "nociers" se précipitent oar les portes latérales tout en chargeant leurs fusils de chasse. Soyez rassurés, il ne s'agit pas d'un attentat, mais seulement de faire honneur aux jeunes époux. Les détonations bruyantes se succèdent et attirent les curieux attardés.

C'est vrai qu'elle est belle mariée la Marie de la Doucinière. Elle réunit la grande majorité des suffrages parmi toutes ces femmes implacables qui la dévisagent. Tout fier et grave dans son costume noir, le gârs Pierre lui offre son bras où elle s'appuie ravie. Grand Louis et sa "bonne amie" marchent derrière eux : la demoiselle et le garçon d'honneur !

-"ça ne va pas tarder pour ceux-là aussi ! " dit la mère Barreau. Pour une fois, elle dit une vérité.

Puis vient toute la jeunesse, les cousines et les cousins, les amies et les amis, bras dessus bras dessous, la mine réjouie. Leurs pères et mères suivent et les parents des jeunes époux (après avoir accompli le chassé-croisé d'accouplement obligatoire) ferment la marche.

- " Un beau défilé bein sûr !" affirme-t-on ça et là. 

- "Ils sont bein pû d'un cent !"...

Vionnonneux en tête, la noce descend les Basses-Rues. Deux ou trois longs rubans blancs barrent le passage de place en place. A chaque fois le cortège s'arrête. Une gamine apporte une paire de cisaux à la mariée qui, souriante, coupe le satin blanc. Grand Louis donne quelque menue monnaie à la fillette, et l'on poursuit vers la Doucinière en chantant :

"En revenant des noces

J'étais bein fatigué...

et d'autres airs de circonstance qui vous "relèvent le pas".

A suivre...  2 3

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Extrait de "COUTUMES, LEGENDES et RIMIAUX DES PAYS D'ANJOU
 de Félix Landreau