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Les fêtes profanes du mariage

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Dans la cour de la ferme, tout le monde s'éparpille. Grimault, le violoneux, s'installe au pied du mai, grimpé sur une barrique.

- "En avant deux !"

Aussitôt, vieux comme jeunes, tous accourent et dansent : "En avant deux les crapauds, les guernouilles ! "...

Deux ou trois danses encore "à seule fin de se dégourdir les jambes", puis tout autour du mai, une ronde folle gambade et se termine en une galopade effrénée où l'équilibre des coiffes est mis à mal.

Grand Louis arrive avec un fusil de chasse et le présente au marié. C'est "l'quart d'heure" de montrer son adresse ! Avec des gloussements qui veulent être épouvantés, les filles se réfugient dans un coin de la cour, à l'entrée de la grange.

Pierre est un malin chasseur. Son coup de fusil a descendu la belle boule bleue. Toute la noce applaudit, pousse une exclamation admirative... et les commentaires grivois de fuser ! A tour de rôle, chacun essaye de faire aussi bien. Mais le succès ne récompense pas toujours les prétentions, et les quolibets pleuvent !

Le mai est maintenant ébouriffé comme un vieux pinceau. Son cercle dégarni pend tristement. Alors la mariée s'avance dans la grâce majestueuse de sa robe. Charlotte Brin, la demoiselle d'honneur, lui présente un balai de paille enrubanné que Grand Louis enflamme d'une allumette. Prestement, la Marie met le feu à la "fourneille" qui crépite, fume et lance de longues flammes rouges... Tous les "nociers" s'esclaffent devant ce brasier ardent, sans être autrement impressionnés par le mai qui s'abat, lamentable objet du sacrifice.

A suivre 3

Extrait de "COUTUMES, LEGENDES et RIMIAUX DES PAYS D'ANJOU" 

de Félix Landreau

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