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Le bouquets du 1er Mai

Bien avant que le 1er mai soit le jour de la Fête du Travail, il fut, dans nos campagnes, la fête du Printemps.

Comme un peu partout en France, les jeunes gens partaient en bande dans les fermes pour y boire le lait de mai. C'était une "garantie d'avoir le teint frais" et pour les amoureux une heureuse occasion de s'ébattre dans la rosée du matin sous le plus doux soleil de l'année.

Dans la nuit précédente, chaque "galant" , en grand secret, avait déposé à la fenêtre de sa "bonne amie" un superbe bouquet, messager de ses plus tendres pensées. Car chaque fleur avait son langage : giroflée, par exemple, signifiait ma bien-aimée...

J'aurais voulu recueillir pour vous le langage de toutes les fleurs qui parlaient ainsi aux jeunes filles, à toutes les jeunes filles. A la fenêtre de celles qui, notoirement, n'étaient pas fréquentées, les bons gârs accrochaient un bouquet prometteur. Charité touchante qui n'avait d'égal que le charme de la coutume elle-même. Les mauvais caractères, eux aussi, se voyaient gratifiés des fleurs qui leur convenaient. Mais peut-on imaginer leçon plus douce et plus courtoise ?

J'imagine tous nos rudes gârs des Mauges - car c'est dans ce pays surtout que la coutume existait - en cette veille de premier mai. Je les vois dans la nuit, pieds nus pour ne pas éveiller les curieux, leur bouquet d'une main, leurs sabots dans l'autre, marchant d'un pas léger, le coeur gonflé de joie et d'amour, vers la fenêtre de leur promise...Est-il plus gracieux hommage d'amoureux ! J'imagine aussi "la bonne amie", le lendemain matin, ouvrant sa fenêtre et cueillant ce bouquet avec le sourire ravi des femmes adulées.

A suivre :

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Extrait de "COUTUMES, LEGENDES et RIMIAUX DES PAYS D'ANJOU
 de Félix Landreau