Les robes de l'impératrice Eugénie


Les robes de l'Impératrice


Comme l'Empereur, l'Impératrice avait le goût du faste. Elle aimait les réceptions, les fêtes, l'agitation d'une foule resplendissante de beaux uniformes et de riches toilettes.

Une réception de  la  Cour aux  Tuileries

L'Impératrice devait, dans les solennités officielles,  apparaître en toilette éclatante. Ces toilettes exceptionnelles , elles les appelait "ses robes politiques".
L'Impératrice préférait le beau au cher.

On dit de ses toilettes du soir qu'elles étaient simples. Mais avec ces  toilettes simples elle portait une parure de turquoises. Un diadème, dans ses cheveux surmontait le "Régent" qui était l'un des plus précieux et plus célébre diamant de la Couronne. L'Impératrice disait ne jamais avoir porté de toilette coûtant plus de quinze cent francs et que la plupart avaient coûté moins.

Dans le privé, l'Impératrice se vêtait avec simplicité et son entourage s'en étonnait. Elle portait, le plus souvent, une robe noire, en faille , en soie, ou en drap, avec un corsage rouge de flanelle qui était assorti  à son jupon de dessous.

Pour les dîners ordinaires, elle portait une robe unie, soit de velours sombre, soit de satin blanc, et cette robe était décolletée. Elle aimait se décolleter et le faisait généreusement., sans doute, disait-on, pour faire admirer ses belles épaules. Ainsi se présentait l'Impératrice, le buste émergeant d'une taille étroite , la tête se dégageait, les cheveux formant un chignon bas. Sa coiffure était agrémentée de légères guirlandes de fleurs, mêlée de rubans et de dentelles, de feuillages, de fleurs et même parfois de plumes.

Au moment du mariage impérial, Mmes Palmyre et Vignon s'étaient partagé les toilettes du trousseau et des cérémonies nuptiales ; par la suite, l'Impératrice conserva l'habitude de répartir ses commandes entre plusieurs couturières ; si l'on en croit Mme Carette, elle faisait souvent exécuter , d'après ses idées, par une couturière à demeure aux Tuileries, des toilettes souvent les plus seyantes et les mieux réussies.

Costume de S.M. l'Impératrice pour son excursion à la Mer de Glace Costume de Cour dessiné par Jules David

Le costume de Cour que l'on voit ci-dessus suit les règles suivantes  (extrait du Moniteur de la Mode, 2 è numéro de décembre 1853) :

Le manteau à traîne doit avoir 1 m 40 de long à partir du bas de la robe et 2 m de largeur, avec des coins arrondis. Les barbes en blonde ou en dentelle d'or et d'argent, posées en arrière et tombant à hauteur de la taille, sont obligatoires. L'encombrement de ces accessoires provoqua des résistances ; les barbes semblent avoir été abandonnées aussitôt après la cérémonie du 1er Janvier

Magasin des Demoiselles


1852-1853

PETIT COURRIER DES DEMOISELLES

A Camille                                                                                                                                                                                                                    Février 1853

Les robes qui ont été confectionnées pour la jeune  souveraine, par les plus habiles faiseuses de Paris, peuvent se ranger en quatre catégories : 


robes de bal, robes de soirée, robes de villes et robes de chambre


Toutes sont plus riches, plus élégantes les unes que les autres. Pour les robes de bal, dispense-moi, je te prie, de satisfaire ta curiosité, car, le mois dernier, je ne t'ai entretenue que de tulle et de gaze.

Mais voici quelques-unes des robes habillées de l'Impératrice :
  • robe de moire antique rose, à basques garnies de franges et de dentelle, de plumes blanches ;
  • robe de taffetas vert, à volants garnis de plumes frisées
  • robe de taffetas mauve, à volants bordés d'application de Bruxelles, etc...
Ces robes sont à basques, à taille très longue et à demi-queue arrondie ; celles de soirée à queue entière et pour la plupart, à corsage drapé.

Ce qui résulte le plus clairement de ces détails, c'est que nous ne retombons pas encore dans les modes de l'Empire ; car comme disait Massillon, "les exemples viennent d'en haut". Cette année, la mode a très peu varié, d'ailleurs, sur les robes habillées. Le grand luxe de nos fêtes, de nos bals, a engagé nos élégantes à consacrer leurs dépenses de toilettes à des robes pour ces solennités.



Ces renseignements sont, en partie, tirés du livre "La vie quotidienne sous le Second Empire" dont je suis en possession., et de la Mode et ses métiers, 1830-1870


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